PLAN

Introduction

I. Influence des médias

1) Idéal de beauté aujourd'hui

• Définition de la beauté

• Les canons de beauté féminins aujourd'hui

2) Ces canons de beauté sont diffusés par les médias

• Magazines féminins

• Cinéma + télévision

Internet

• Pourquoi les médias sont-ils obsédés par la minceur et la jeunesse ?

3) Or, il y a un décalage entre les mannequins et les femmes moyennes.

II. Les limites de l'influence des médias

1) Les conséquences sur le comportement

2) Les médias ne sont pas les seuls acteurs à influer sur le comportement : d’autres acteurs y contribuent

• Industrie beauté

• Chirurgie esthétique/plastique

• La mode

3) Les réactions politiques et médiatiques pour lutter contre cette influence

• Réactions politiques

• Réactions médiatiques



Conclusion

Introduction

Dans nos sociétés occidentales, les médias - système de diffusion massive de l'information - quel que soit le support (radio, internet, cinéma, télévision, publicité, journaux, magazines...), voient leur influence grandir sur la population, et notamment sur les femmes. En effet, 90 % d'entre elles regardent la télévision sur un jour moyen de la semaine, 78,4 % lisent la presse, 78,3 % écoutent la radio, 52 % sont connectées à internet, 47 % des internautes sont des femmes, et 54 % des bloggeurs sont des femmes. La plupart des féministes s'entendent pour dire que l'image des femmes dans les médias a beaucoup évolué depuis une trentaine d'années : elles sont de plus en plus nombreuses et influentes. Cependant, malgré les progrès observés, les médias diffusent une image encore bien trop stéréotypée de la femme, ce qui a un impact énorme sur la population féminine.

Nous sommes donc amenées à nous demander : jusqu'à quel point les médias influencent-ils les critères de beauté féminins ?

L'influence des médias sur les femmes, et en particulier sur les critères de beauté féminins est évidente. Cependant, cette emprise connaît certaines limites.
I. Influence des Médias

1) Idéal de beauté aujourd’hui



a) Définition de la beauté

L’image du corps idéal est le symbole de beauté suprême. C’est pourquoi il attire la convoitise et oblige tout individu désirant être beau à se référer et se rapprocher le plus possible à ce schéma établi.
La beauté est une notion abstraite, le dictionnaire la décrit ainsi: ‘caractère de ce qui est beau’, et il décrit beau/belle en disant: ‘qui suscite un plaisir esthétique, qui plait par l’harmonie de ses formes, ses couleurs, ses sons’ mais cette définition reste ambiguë.
Cependant un des traits communs est la tendance à la généralisation et à l’uniformisation des goûts en matière d’esthétique (ex: effet de mode). En l’absence de critères formels, la beauté est donc estimée à partir de sujets dont le corps, le visage, les proportions auront été jugés beaux pas les autres.
Chaque société éprouve des sentiments différents qui délimitent de manière imprécise les traits physiques qui seraient les critères de beauté de leur époque. Ces critères sont donc fondés sur une réflexion propre à leur temps.


b) Canons de beauté

Le médecin et psychologue américain William Sheldon a déterminé trois types de silhouettes basées sur trois caricatures d’individus:
. l’ectomorphe: le ‘maigre’
. le mésomorphe : le ‘normal’
. l’endomorphe : le ‘gros’
Pour le corps féminin, la silhouette ayant été désigné comme la plus belle est l’ectomorphe modéré (mince mais non maigre, avec des formes), le plus laid étant celui de l’endomorphe extrême.
En effet, le corps féminin le plus beau doit être fin et élancé, son volume est cependant plus généreux au niveau de la poitrine et des hanches. Certaines célébrités sont des exemples parfaits, telles que Marilyn Monroe, Laetitia Casta ou Claudia Schiffer.


Laëtitia Casta

2) Ces canons de beauté sont diffusés par les médias

-------La plupart des féministes s’entendent pour dire que l’image des femmes dans les médias a beaucoup évolué depuis une trentaine d’années. Cependant, les médias véhiculent encore trop souvent une image stéréotypée des femmes : belle et mince.

a. Les magazines féminins



Au XVIII siècle, l'émancipation des femmes à favorisé l'apparition de la presse féminine, les femmes commençant à jouer un rôle social plus visible. Depuis trois siècles, de nombreux titres de magazines sont apparus et la presse féminine française est devenue la presse la plus rentable (Première presse pour la vente d’annonces publicitaires, deuxième presse pour la diffusion : 20 millions de lectrices en 2008). Muée par la volonté de toujours répondre au mieux aux attentes des femmes et de ses besoins, la presse féminine a su s'adapter à la nouvelle place de la femme dans la société contemporaine. En effet, les magazines féminins, grâce à leur évolution constante, se sont adaptés de mieux en mieux aux attentes femmes pour devenir ainsi le média qui correspond le mieux aux exigences des femmes : elles trouvent en lui “leur” média privilégié (près de 8 femmes sur 10 lisent la presse féminine). De nos jours, les femmes agissent selon leurs désirs et plaisirs et c'est cet art de vivre que la presse féminine doit dorénavant prendre en compte. Les envies de rêve et d'évasion des femmes forcent les magazines à s'orienter vers une presse plus glamour. Les magazines féminins sont donc probablement les premiers à divulguer une beauté qui repose essentiellement sur la minceur et la jeunesse. En effet, des recherches effectuées par le ministère de la santé démontrent que plus des trois quarts de leurs pages couvertures ont un titre sur la meilleure manière de changer son apparence, que ce soit grâce à un régime ou à la chirurgie esthétique ; et que les magazines féminins comportent 10 fois plus d'articles et de publicités faisant la promotion de la minceur que leurs équivalents masculins. Les pages de ces magazines sont remplies de photos retouchées, « à 100% » selon Delphine Royant, éditrice chez Vogue, afin que « les femmes qui y sont représentées fassent rêver les lectrices » poursuit-elle, et « correspondent aux normes de beauté attendues ». Ces photos sont présentes dans les articles, les pages mode... mais également dans la publicité, très présente, puisque 1/3 des pages d’un magazine est composé de publicité. Les magazines féminins, de par leur nature, sont un média “nomade”. Ils peuvent être transportés facilement, prêtés et ne nécessitent pas forcément une action volontaire de la part de la lectrice pour véhiculer de l'information ; en effet, on trouve notamment des magazines féminins dans les salles d'attente où les femmes vont prendre les magazines en main pour les feuilleter afin de combler l'attente. Les lectrices, ou les « feuilleteuses » voient les publicités sans même se douter un seul instant que tout cela leur reste en mémoire. Tous ces magazines renvoient des images, et notamment aux jeunes filles, des images de ce à quoi elle doivent s’identifier, de ce à quoi elles doivent ressembler, de ce qu’elles doivent devenir. La presse féminine est donc source de complexes chez certaines femmes (Un sondage de 1995 montre que 70 % des femmes sont déprimées et se sentent coupables après avoir feuilleté pendant 3 min un magazine féminin.)


b. Cinéma + télévision


Bien sûr, les magazines et la publicité ne sont pas seuls à promouvoir un idéal de beauté inaccessible. Le cinéma et la télévision contribuent grandement à le diffuser.


- Cinéma : On entrevoit que très rarement des acteurs (ou des figurants) gros ou laids (surtout sur les plages américaines, alors que l'on a connaissance des problèmes d'obésité que connaît cette population). Les films sont plutôt un repère à canons de l'esthétique qu'un reflet proportionné de la réalité. Dans le cas contraire, il est évident que le personnage jouera le rôle d'un individu vil, peu intelligent souvent dans la peau du " méchant ", alors que le héros, le " gentil ", accumulera toutes les qualités : beauté, intelligence, imagination, humour… Les spectateurs et les spectatrices associent donc un physique parfait à toutes ces qualités.


-----------------------------------------------Halle Berry dans James Bond


- Télévision :


* Séries télévisées : Les actrices de séries télévisées et de cinéma sont, généralement, de plus en plus minces et de plus en plus jeunes. La série Ally McBeal illustre bien cette tendance. Sa vedette, Calista Flockhart, était carrément maigre et la quasi-totalité de la distribution suivait un régime, même si ces actrices étaient déjà plus minces que l'Américaine moyenne.



* Publicité : Dans les images publicitaires, on voit souvent une belle femme poser à côté du produit. En effet, les femmes occupent un rôle central et le plus souvent à leurs dépens. Ce sont elles qui sont le plus généralement affectées par le sexisme.
Elles sont utilisés principalement comme illustration du produit : leur travail consiste à le représenter et en fait, à le rendre plus attractif, notamment si elles sont elles-mêmes la cible de la publicité. Leurs capacités intellectuelles sont souvent minimes et le corps féminin est réduit à un instrument de séduction ou a un objet de désir.





À travers ces images de perfection physique, les grands médias formulent des exigences de plus en plus difficiles à remplir pour les simples femmes.

c) Internet

Ces dernières années, nous avons pu assister à une explosion de l'utilisation d'internet. Ce média, accessible à tous, de partout, est devenu une source extraordinaire d'informations.

Grâce à cet outil, utilisé comme loisir personnel tout aussi bien que pour le travail (à l'école, dans son entreprise), les magazines féminins ont pu, eux aussi augmenter leur influence.
Certains, comme Cosmopolitan ou Elle, ont créé, en plus de leur journal imprimé, un site internet, dédié à leur magazine, qui assure une complémentarité d'informations, et leur permet d'étendre leur influence à ceux qui n'ont pu, pour une raison quelconque, acheter le magazine.
D'autres, comme MadmoiZelle.com, ont choisi de proposer une édition gratuite, exclusivement en ligne. Cette formule tend à accroître leur popularité et ainsi à rendre le message qu'ils veulent donner aux lecteurs.

Internet ne rassemble pas seulement des magazines. On y trouve également beaucoup de blogs, de forums, où les internautes peuvent donner leur avis et partages des astuces. Ces sites sont souvent dangereux, car on y trouve parfois, des informations choquantes, comme un intitulé "comment devenir mannequin", accompagné d'une charte dont certains points sont "après chaque repas tu te feras vomir", ou "jusqu'à la mort tu t'affameras". Ces sites, dont le contenu est souvent mal contrôlé, peuvent pousser les jeunes femmes à bout, car elles sont chaque jour face à un flot très important de données.

Internet est donc un outil très utile dans le cadre de recherches précises. Il reste cependant un moyen de plus de la part des médias pour nous influencer, car il pousse à la consommation par les nombreuses publicités alléchantes ou les ventes en ligne qu'on y trouve; il ne faut pas également oublier de trier les informations qu'on y trouve afin d'en faire la juste part.


d. Pourquoi les médias sont-ils unfluencés par la minceur et la jeunesse?




L'obsession des médias pour la minceur aurait, selon certains spécialistes, des racines économiques. Si l'on prend l'exemple de n'importe quelle publicité ventant les qualités d'un produit féminin (déodorant, savon, maquillage, vêtement…), il est évident que celui-ci sera présenté par une femme correspondant aux normes de l'idéal et non par une " grosse ". Ce ne serait pas commercial pour des raisons purement et strictement économiques (notions de quotas de vente, de rentabilité, de chiffre d'affaires). Cela n'est pas vendeur, le produit faisant l'objet d'une association à l'image de l'utilisatrice ; si celle-ci ne suscite pas l'envie, le désir, l'attirance, aucun impact ne sera produit sur le consommateur et il n'y aura donc pas d'influence sur sa conduite d'achat. En présentant des femmes qui sont difficiles à atteindre physiquement, on peut maintenir la croissance et la rentabilité des produits. Puisque les femmes pour ressembler le plus possible aux mannequins vont acheter des produits de beauté ou de régime, ce qui rapportent 170 milliards de dollars par année. L'idéal corporel est un support commercial à valeur économique, il devient peu à peu un objet de consommation. L'imposition permanente de cet outil publicitaire aux valeurs idylliques et envoûtantes entre dans un système à boucle fermée : les attentes et finalement les demandes augmentent graduellement de façon proportionnelle à l'offre. Ainsi, plus on nous assaille de modèles de perfection, plus on devient exigeant et plus on en réclame.


3) Or, il existe un décalage entre un mannequin et une femme normale

On notera évidement, le fait qu’il existe un énorme décalage entre la silhouette des mannequins, et celle de la femme de tous les jours. Ainsi, selon le journal « La Stampa », 60% des italiennes s’habillent en taille 40 et plus.

Il y a 20 ans les top-modèles avaient un poids environ 8% moins élevé que celui de la Femme Moyenne. Aujourd’hui leur poids est 23% moins élevé.


Mensurations moyennes des femmes :
- taille 162,5 cm
- Poids 62,4
- Tour de poitrine 93,7 cm

- Tour de taille 79,9 cm
- Tour de hanches 93,0 cm


Mensurations moyennes des mannequins :
- Taille : 1m78
- Poids : 55 kg

- Tour de poitrine : 85 cm
- Tour de taille : 60 cm
- Tour des hanches : 85-90 cm
Kate Moss


Une petite fille, dès son plus jeune âge, est éga
lement confrontée, tout comme les femmes adultes, à un idéal de beauté impossible à atteindre : à travers les contes (avec Cendrillon, Blanche Neige, la Belle au Bois dormant), dans les dessins animés, avec les poupées, et notamment par le biais de la Barbie.

la Barbie "Heidi Klum"

Cette représentation du corps de la femme est complètement irréaliste :si elle était une vraie fem
me, la Barbie aurait le cou deux fois plus long qu'une personne normale, elle serait incapable de marcher debout mais devrait plutôt se déplacer à 4 pattes, et elle n'aurait pas assez de gras pour lui permettre d'avoir des menstruations. Elle aurait les proportions suivantes : - taille : 215 cm
- Poids : 50 kg
- Tour de poitrine : 100 cm

- Tour de taille : 55cm
- Tour de hanches : 90 cm

Une Barbie, aux jambes particulièrement fines...

En définitive, 95% des femmes ne correspondent pas à la taille et aux proportions des mannequins que l’on peut voir dans les magazines de mode, les vitrines des grands magasins, les représentations de la femme à travers les jouets comme les poupées, les barbies c'est-à-dire les normes de la minceur fabriquées par les médias.
II. Les Limites de l'influence des Médias

1) Influence de la beauté

La beauté a un impact considérable sur la perception personnelle des individus et par conséquent joue un rôle primordial dans leur vie.
En effet, des expériences prouvent que l’apparence physique influence inconsciemment nos attitudes et nos décisions envers certaines personnes. Prenons l’expérience de la notation de copie : des étudiants au attraits physiques différents ont reçu pour une dissertation identique quand au contenu, des notes différentes. Les sujets les plus beaux avaient été jugés avec plus d’indulgence, prouvant donc que parfois beauté et laideur influencent notablement les évaluations dont le sujet fait l’objet.
On pourrait croire que l’aspect physique est superficiel et que l’appréciation d’autrui est basé sur les qualités objectives plus essentielles, mais il n’en est rien. L’impact de la beauté est considérable puisqu’elle nous manipule inconsciemment, quelles que soient les circonstances. En effet, plus l’individu est beau plus on lui prête des qualités de travailleur, de personne intelligente, doué, plus sincère comparé a quelqu’un au physique plus ingrat.
On a aussi démontré que la beauté d’un individu accentue son pouvoir persuasif face a un auditoire.
Il sera plus facile pour ces individus d’accorder leur confiance sans justification supplémentaire a un émetteur beau, et si l’on associe la beauté et une argumentation efficace chez une même personne, on peut facilement imaginer la puissance qu’il saura acquérir. Pour la femme, on remarque qu’une beauté physique entraine une certaine influence sociale, ne serait ce que pour les métiers ou les relations avec les clients sont fréquentes. De la peuvent résulter des inégalités d’ordre esthétique et sexuels (avantage pour une femme par rapport a un homme dans certains domaines).
Ainsi, dans notre société, la beauté est un atout majeur.

2) Les médias ne sont pas les seuls acteurs à influer sur le comportement : d’autres acteurs y contribuent

a. Industrie de la beauté


L'industrie des cosmétiques, de la forme physique et des programmes d'amaigrissements investit des milliards de dollars pour nous suggérer leur vision du corps parfait et ce dans le but de vendre des produits ou des services (livres, groupes de diètes, produits minceurs, salons de conditionnements physique, etc.).


Il est certain que cette obsession d'un corps « idéal » influence notre perception de la beauté. L’industrie des cosmétiques et parfums réalise aujourd’hui un chiffre d’affaires mondial de 170 milliards d’USD (Eurostaf). L’Europe représente le premier marché mondial avec environ 63 milliards d’euros. Le marché français occupe une place éminente et génère les tendances futures de la mode cosmétique mondiale tant le label «made in France» est universellement apprécié. Par conséquent, la France est le premier exportateur mondial de produits cosmétiques et de parfums.

b. Les célébrités & La mode

Il est très difficile pour une femme notamment, d'échapper au phénomène de tendance. Tous les magasins vendent les mêmes produits pendant une période donnée, de Zara à Chanel en passant par Mango! De ce fait, leurs yeux s'habituent à voir un certain type de produits et elles se retrouvent à arborer plus ou moins le même style tout en étant allées dans des magasins différents.

La marinière : des podiums à h&m...

Les précurseurs de la mode sont très nombreux mais ce sont le plus souvent les créateurs et les célébrités, qui contribuent à faire connaître leurs collections.

Des défilés de mode ont lieu 2 fois par an (collection automne/hiver et printemps/été). Durant ces défilés, les journalistes et rédacteurs de mode font une sélection de leurs préférences. Dans le cas des rédacteurs (ou rédactrices) de magazines de mode, ils puisent leurs idées dans les défilés et les mettent sur papier afin de tenir les gens au courant des tendances à venir. Puis les lectrices prennent ces tendances pour modèle. De plus que leurs idoles, les portent. En effet, c'est bien connu, dès qu'une star porte quelque chose, peu de temps après tout le monde se l'arrache.
Britney Spears, par exemple, a complètement relancé la marque Von Dutch; quant à Pamela Anderson, elle a lancé la mode des bottes fourrées en plein été! Victoria Beckam s'est coupé les cheveux au carré et a instantanément été copiée par d'autres célébrités, et le carré est devenu une des coiffures « in » du moment. Il existe un nombre infini d'exemples de ce type et une chose est sure, c'est que nous sommes influencés par nos idoles ou nos modèles.
Ce sont des créateurs qui créent la mode, les célébrités qui la portent et la montrent à tous, puis les personnes cherchent à suivre la mode générée par les célébrités. En effet, elles génèrent une image particulière : minces, belles, succès, riches, comblées...




Victoria Beckam et sa fameuse coupe au carré...

(Comme nous l'avons vu tout à l'heure, cependant, cette image est érronée, en effet, les photos des célébrités qui sont publiées dans les magazines, sur internet, etc. sont toutes retouchées). De plus, il existe des exceptions de célébrités internationalement connues, qui assument leur physique, par exemple : Susan Boyle, Sara Ramírez , Beth Ditto, Queen Latifah, Crystal Renn, Marianne James, America Ferrara...


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Beth Ditto, chanteuse du groupe The Gossip, une célébrité qui assume ses rondeurs.

c. La Chirurgie plastique/esthétique




Les femmes s'embellissent grâce au maquillage, aux crèmes, et grâce à un style vestimentaire. Mais, ces artifices ne suffisent pas à un nombre croissant d'individus, particulièrement les femmes. En effet, certaines passent par un acte chirurgical, pour atteindre leur objectif : ressembler aux canons de beauté véhiculés par les médias, notamment les stars. Ici encore, les célébrités exercent une influence considérable : l'image qu'elles projettent dans les médias populaires a une réelle influence sur les décisions prises par ceux et celles ayant recours à la chirurgie plastique. En effet, selon une enquête mondiale importante menée en 2008 auprès de chirurgiens plasticiens de renom, les attraits de Jolie, Kidman, Anderson, Loren, Bundchen, Pitt et Clooney figurent parmi les chirurgies plastiques les plus demandées : chaque jour les chirurgiens entendent « Oh, si seulement je pouvais ressembler à Angelina ». Ou encore, « Oh, je ferais n'importe quoi pour avoir les abdos de Brad ». Pour les femmes, la poitrine et les lèvres représentaient les catégories essentielles pour le choix des célébrités, suivies par les fesses, le nez et le ventre. Grâce à l'accès de plus en plus grand à la chirurgie plastique et esthétique, aux progrès et améliorations continus apportés aux techniques utilisées, et à la diversité des modes de paiement, certains de ces désirs deviennent réalité (même s'ils sont très coûteux!).

3) Les réactions politiques et médiatiques

a) les réactions politiques

En septembre 2006, Madrid a interdit dans les défilés de mode les mannequins ayant un IMC inférieur à 18, soit 56kg pour 1.75m selon l’OMS. En effet, en novembre 2006, un mannequin brésilien, Ana Carolina Reston, anorexique, était décédé des suites de sa maladie, et sa mort avait relancé le débat sur les dangers de l’anorexie. Ainsi, suite à cette loi, cinq mannequins se sont vues interdire un défilé en février 2007.

En 2006, l'État, la Fédération de la mode italienne et l'association Alta Moda avaient adopté un « Manifeste anti-anorexie », destiné à « remettre en avant un modèle de beauté sain, solaire, généreux, méditerranéen ». Ce texte, très peu complet, interdisait seulement aux jeunes filles de moins de 16 ans de défiler, et obligeait les mannequins à présenter un certificat médical, approuvant qu’ils ne possèdent aucun trouble alimentaires.


Ana Carolina Reston


En France, Valérie Boyer, députée des Bouches-du-Rhône, a déposé une proposition de loi condamnant l’incitation à l’anorexie. Il a été adopté le 15 avril 2008 par l’Assemblée Nationale. Mais elle a également déposé un amendement concernant les photos retouchées :"L’utilisation fréquente des logiciels de traitement d’image pour modifier l’apparence corporelle d’une personne dans des photographies commerciales contribue à diffuser une représentation erronée de l’image du corps dans notre société. Aussi est-il proposé d’en informer clairement le consommateur, en prévoyant que ces photographies soient accompagnées de la mention: «Photographie retouchée afin de modifier l’apparence corporelle d’une personne»."

"En cas de non-respect de cette obligation, la publicité sera considérée comme une pratique commerciale trompeuse au sens de l’article L.121-1 du code de la consommation."

Roselyne Bachelot, s’opposant à cet amendement car pensant que les photos retouchées touchaient beaucoup de secteurs, comme la retouche des affiches de campagne de certains candidats politiques : « Il serait très difficile de distinguer les retouches visant à inciter à l’anorexie de celles qui relèvent d’une démarche créative. La mention générale d’une retouche renseignerait insuffisamment le consommateur et pourrait en outre être attentatoire à la liberté d’expression ». La députée des Bouches-du-Rhône a retiré sont amendement.

Le Québec s’est doté d’une charte volontaire contre l’anorexie, que les professionnels de la mode, de la publicité et des médias ont signée. Mais, la ministre de la Culture et de la Condition féminine, Christine St-Pierre, souhaiterait également recourir à une loi, dans un second temps, si la charte ne se révélait pas assez efficace. Il s’agirait d’un engagement moral, la charte ne prévoyant aucune mesure contraignante. Ce serait donc une campagne de prévention plutôt que d’action concrète.


Enfin, L’ARPP (Autorité de Régulation Professionnelle de la Publicité), souhaitant établir la dignité de la personne humaine comme principe universel, a ajouté un article au code de la C.C.I. (Chambre de Commerce International) : « La publicité doit proscrire toute déclaration ou présentation visuelle contraire aux convenances selon les normes couramment admises ».

De même, l’Union des Annonceurs a créé une plateforme d’engagements dont le chapitre « Publicité » s’organise autour de trois thèmes :

- la promotion de la diversité dans la représentation du corps,
- la protection de la santé des mannequins par une sensibilisation notamment des familles et le rappel des textes,
- la lutte contre la stigmatisation de l’image du corps et la discrimination dont notamment les obèses peuvent faire l’objet.


b) les réactions médiatiques

Aujourd’hui, avec l’explosion d’internet, les marques se doivent d’aller à la rencontre de leur public, afin de leur adresser un message. Si les marques ne font pas ce qu’attendent ses consommateurs, elles prennent le risque de perdre leur réputation, de diminuer leurs ventes. Il en est de même pour les magazines féminins qui nous offrent, le plus souvent, une image très positive de la femme dans toute sa splendeur et sa beauté. Mais peut-on véritablement expliquer la diminution impromptue de la vente du magazine américain New Woman lorsque celui-ci a publié un numéro sur la couvertu

re duquel, ils avaient présenté une femme plus ronde ? Face à ce déclin des ventes, Advertising Age International restent persuadés que seuls des mannequins minces favorisent la vente de produit de beauté.



D’autre part, on peut souligner l’action de la marque de produits de beauté Dove dans sa lutte contre la stéréotypie de la femme à travers la publicité, les magazines, les films... qui est toujours belle et mince. La marque a ainsi p

roposé dans ses publicités à des femmes rondes de poser.

De plus, elle a également réalisé, en 2005-2006, plusieurs spots publicitaires nous mettant en garde contre les dangers de l’influence des médias. Ils marquent un retour à la femme "normale". Une de ces campagnes, intitulée "Real beauty" met en scène des femmes de tous types : brunes, blondes, rondes, minces, jeunes, ou âgées, préférant représenter le "naturel" au "superficiel".

Beauty Pressure

Chacune des femmes peut s'y identifier. C'est une provocation par rapport aux codes publicitaires traditionnels. Les publicités Dove s'appuient sur une étude, réalisée par la Harvard University et la London School of Economics, qui démontre que 68% des femmes estiment que tout est à revoir à propos de l'image des femmes dans la publicité, trouvant les publicités trop éloignées de la réalité.


Dove Evolution

Enfin, certains magazines contribuent également à limiter cette influence. On peut citer le magazine Coup de Pouce qui présente très régulièrement des femmes rondes dans ses pages mode, ou Châtelaine qui s’est engagé à ne plus retoucher les photos ,qu’il publie et à ne plus présenter des mannequins de moins de 25 ans.


c) Autre


Face à ce drame de l'anorexie, Jean Paul Gaultier, par provocation et par volonté d'interpeller le public et le monde de la mode, a choisi de faire défiler Valvet d'Amour, 130 kilos, en octobre 2006 à Paris. Cette dernière qui avait connu la « dictature des 56 kilos » affirme, qu'après s'être sentie mourir et trop malheureuse, elle s'est cherchée un autre modèle.
Mais cette quête du modèle est-elle le reflet de notre société occidentale contemporaine et de sa crise identitaire, ou reflète-t-elle un phénomène plus large de comportements humains en quête de modèles ?


Velvet d'amour

Conclusion

Nous pouvons donc dire que les médias occupent une place primordiale dans l'établissement des critères de beauté féminins. En effet, ils définissent l'idéal que la plupart des femmes souhaitent atteindre, et le diffusent dès le plus jeune age par différents moyens de communication tels que les magazines ou la télévision.
Mais l'importante influence qu'exercent les médias est limitée par les débats politiques et médiatiques qu'entrainent les conséquences de ces restrictions physiques. Nous pouvons aussi dire que les médias partagent leur emprise sur la société féminine avec les entreprises de chirurgie ésthetique ou l'univers de la mode mais cette affirmation peut se réveler erronée car l'influence exercée par ces deux autres facteurs n'est réelle que parce qu'elle a été engendrée ou diffusée par les médias ( les femmes étant informées des nouvelles tendances par les médias, et celles désirant modifier une partie de leur corps ont souvent des complexes dus a l'image diffusée par les médias ).
Parallelement, nous pourrions nous demander si les critères de beauté masculins sont eux aussi grandement influencés par les médias, et si cette pression entraine les memes conséquences que pour les femmes.