Au cours de l'histoire humaine, en grande partie grâce à l'art, et notamment au travers des ses représentations picturales, nous avons pris connaissance des représentations du corps et corrélativement de sa beauté. Cela nous a permis d'observer des contrastes au fil du temps sur sa conception et son entendement.

Renaissance : le retour à la féminité
Sous le règne de Catherine de Médicis, on se maquille les yeux, les cils et les sourcils à l'antimoine noir ; on porte du vermillon sur les lèvres, les ongles et les joues. On va jusqu'à se rougir le bout des seins. La femme idéale se doit désormais être pulpeuse, avoir le teint pâle et les cheveux d'or (le fameux blond vénitien).
La naissance de Vénus, Sandro Botticelli, 1485
Secrets de beauté : Au XVIIe siècle, les femmes ne se lavent guère : elles s'asphyxient la peau en la recouvrant de couches de maquillage et se frottent le corps avec des linges parfumés.
Le XVIIème : le culte de la sophistication
Un teint de lait, une taille très fine, une poitrine imposante, des bras et des mains potelés.
Portrait de Madame de Montespan, Anonyme
Secrets de beauté : Pour se protéger du soleil, les précieuses de l'époque n'hésitent pas à se promener avec un masque sur le visage.

Le XVIIIème : le retour au naturel
On se maquille moins : la femme idéale de l'époque doit avoir un teint de porcelaine aussi naturel que possible et les lèvres douces, les cheveux adoptent un style savamment "décoiffé".
Marie-Antoinette à la Rose, E. Vigée Lebrun, 1783
Secrets de beauté : Les femmes de l'époque avaient pour habitude de se coller des mouches,fauxgrains de beauté en velours, sur la peau.
XIXème : entre belle malade et épouse vertueuse
Bien en chair, brune, le corps laiteux, cette femme incarne la beauté dans son aspect le plus lisse et le plus codifié : un canon de beauté concret, auquel s'oppose l'autre stéréotype dominant, celui de la belle malade aux yeux cernés, le teint livide, les yeux cernés et les joues creuses.
Sapho, Charles Mengin, 1877
Secrets de beauté : Au XIXe siècle, le maquillage est déconseillé. On découvre enfin les bienfaits de l'eau pour se nettoyer la peau. Les femmes au XIXe siècle ont l'habitude de boire du vinaigre et du citron pour se brouiller le teint et dorment peu pour se faire des cernes sous les yeux.
XXème : de la garçonne à Marilyn
La minceur devient bientôt synonyme de bonne santé. Dans les Années folles (vers 1920), c'est la fameuse mode de la garçonne : cheveux coupés court, légère et court vêtue, la nouvelle beauté est androgyne.
Louise Brooks
Puis une femme sensuelle : Poitrine généreuse, lèvres pulpeuses, sensualité exacerbée...
Après la Seconde Guerre mondiale, la minceur est synonyme de mauvaise santé. Hollywood créé un nouvel idéal féminin : blonde et sensuelle, l'actrice hollywoodienne a toujours un air de Marilyn : s'étant éclairci les cheveux en blonde platine, elle est devenue l'image même de la beauté idéale, pure et sensuelle, volcanique et enfantine.
Marilyn Monroe
Enfin une femme libérée : Les grands écrans révèlent des stars jeunes et pulpeuses comme Liz Taylor. Les pin-up prolifèrent: leur corps est celui de l'abondance et de la bonne santé. C'est aussi la fin du teint pâle : le visage hâlé, synonyme d'une vie sportive et aérée.
Brigitte Bardot