a. Les magazines féminins
Au XVIII siècle, l'émancipation des femmes à favorisé l'apparition de la presse féminine, les femmes commençant à jouer un rôle social plus visible. Depuis trois siècles, de nombreux titres de magazines sont apparus et la presse féminine française est devenue la presse la plus rentable (Première presse pour la vente d’annonces publicitaires, deuxième presse pour la diffusion : 20 millions de lectrices en 2008). Muée par la volonté de toujours répondre au mieux aux attentes des femmes et de ses besoins, la presse féminine a su s'adapter à la nouvelle place de la femme dans la société contemporaine. En effet, les magazines féminins, grâce à leur évolution constante, se sont adaptés de mieux en mieux aux attentes femmes pour devenir ainsi le média qui correspond le mieux aux exigences des femmes : elles trouvent en lui “leur” média privilégié (près de 8 femmes sur 10 lisent la presse féminine). De nos jours, les femmes agissent selon leurs désirs et plaisirs et c'est cet art de vivre que la presse féminine doit dorénavant prendre en compte. Les envies de rêve et d'évasion des femmes forcent les magazines à s'orienter vers une presse plus glamour. Les magazines féminins sont donc probablement les premiers à divulguer une beauté qui repose essentiellement sur la minceur et la jeunesse. En effet, des recherches effectuées par le ministère de la santé démontrent que plus des trois quarts de leurs pages couvertures ont un titre sur la meilleure manière de changer son apparence, que ce soit grâce à un régime ou à la chirurgie esthétique ; et que les magazines féminins comportent 10 fois plus d'articles et de publicités faisant la promotion de la minceur que leurs équivalents masculins. Les pages de ces magazines sont remplies de photos retouchées, « à 100% » selon Delphine Royant, éditrice chez Vogue, afin que « les femmes qui y sont représentées fassent rêver les lectrices » poursuit-elle, et « correspondent aux normes de beauté attendues ». Ces photos sont présentes dans les articles, les pages mode... mais également dans la publicité, très présente, puisque 1/3 des pages d’un magazine est composé de publicité. Les magazines féminins, de par leur nature, sont un média “nomade”. Ils peuvent être transportés facilement, prêtés et ne nécessitent pas forcément une action volontaire de la part de la lectrice pour véhiculer de l'information ; en effet, on trouve notamment des magazines féminins dans les salles d'attente où les femmes vont prendre les magazines en main pour les feuilleter afin de combler l'attente. Les lectrices, ou les « feuilleteuses » voient les publicités sans même se douter un seul instant que tout cela leur reste en mémoire. Tous ces magazines renvoient des images, et notamment aux jeunes filles, des images de ce à quoi elle doivent s’identifier, de ce à quoi elles doivent ressembler, de ce qu’elles doivent devenir. La presse féminine est donc source de complexes chez certaines femmes (Un sondage de 1995 montre que 70 % des femmes sont déprimées et se sentent coupables après avoir feuilleté pendant 3 min un magazine féminin.)
b. Cinéma + télévision
Bien sûr, les magazines et la publicité ne sont pas seuls à promouvoir un idéal de beauté inaccessible. Le cinéma et la télévision contribuent grandement à le diffuser.
- Cinéma : On entrevoit que très rarement des acteurs (ou des figurants) gros ou laids (surtout sur les plages américaines, alors que l'on a connaissance des problèmes d'obésité que connaît cette population). Les films sont plutôt un repère à canons de l'esthétique qu'un reflet proportionné de la réalité. Dans le cas contraire, il est évident que le personnage jouera le rôle d'un individu vil, peu intelligent souvent dans la peau du " méchant ", alors que le héros, le " gentil ", accumulera toutes les qualités : beauté, intelligence, imagination, humour… Les spectateurs et les spectatrices associent donc un physique parfait à toutes ces qualités.
- Télévision :
* Séries télévisées : Les actrices de séries télévisées et de cinéma sont, généralement, de plus en plus minces et de plus en plus jeunes. La série Ally McBeal illustre bien cette tendance. Sa vedette, Calista Flockhart, était carrément maigre et la quasi-totalité de la distribution suivait un régime, même si ces actrices étaient déjà plus minces que l'Américaine moyenne.
Elles sont utilisés principalement comme illustration du produit : leur travail consiste à le représenter et en fait, à le rendre plus attractif, notamment si elles sont elles-mêmes la cible de la publicité. Leurs capacités intellectuelles sont souvent minimes et le corps féminin est réduit à un instrument de séduction ou a un objet de désir.
À travers ces images de perfection physique, les grands médias formulent des exigences de plus en plus difficiles à remplir pour les simples femmes.
Ces dernières années, nous avons pu assister à une explosion de l'utilisation d'internet. Ce média, accessible à tous, de partout, est devenu une source extraordinaire d'informations.
Grâce à cet outil, utilisé comme loisir personnel tout aussi bien que pour le travail (à l'école, dans son entreprise), les magazines féminins ont pu, eux aussi augmenter leur influence.
Certains, comme Cosmopolitan ou Elle, ont créé, en plus de leur journal imprimé, un site internet, dédié à leur magazine, qui assure une complémentarité d'informations, et leur permet d'étendre leur influence à ceux qui n'ont pu, pour une raison quelconque, acheter le magazine.
D'autres, comme MadmoiZelle.com, ont choisi de proposer une édition gratuite, exclusivement en ligne. Cette formule tend à accroître leur popularité et ainsi à rendre le message qu'ils veulent donner aux lecteurs.
Internet ne rassemble pas seulement des magazines. On y trouve également beaucoup de blogs, de forums, où les internautes peuvent donner leur avis et partages des astuces. Ces sites sont souvent dangereux, car on y trouve parfois, des informations choquantes, comme un intitulé "comment devenir mannequin", accompagné d'une charte dont certains points sont "après chaque repas tu te feras vomir", ou "jusqu'à la mort tu t'affameras". Ces sites, dont le contenu est souvent mal contrôlé, peuvent pousser les jeunes femmes à bout, car elles sont chaque jour face à un flot très important de données.
Internet est donc un outil très utile dans le cadre de recherches précises. Il reste cependant un moyen de plus de la part des médias pour nous influencer, car il pousse à la consommation par les nombreuses publicités alléchantes ou les ventes en ligne qu'on y trouve; il ne faut pas également oublier de trier les informations qu'on y trouve afin d'en faire la juste part.
d. Pourquoi les médias sont-ils unfluencés par la minceur et la jeunesse?
L'obsession des médias pour la minceur aurait, selon certains spécialistes, des racines économiques. Si l'on prend l'exemple de n'importe quelle publicité ventant les qualités d'un produit féminin (déodorant, savon, maquillage, vêtement…), il est évident que celui-ci sera présenté par une femme correspondant aux normes de l'idéal et non par une " grosse ". Ce ne serait pas commercial pour des raisons purement et strictement économiques (notions de quotas de vente, de rentabilité, de chiffre d'affaires). Cela n'est pas vendeur, le produit faisant l'objet d'une association à l'image de l'utilisatrice ; si celle-ci ne suscite pas l'envie, le désir, l'attirance, aucun impact ne sera produit sur le consommateur et il n'y aura donc pas d'influence sur sa conduite d'achat. En présentant des femmes qui sont difficiles à atteindre physiquement, on peut maintenir la croissance et la rentabilité des produits. Puisque les femmes pour ressembler le plus possible aux mannequins vont acheter des produits de beauté ou de régime, ce qui rapportent 170 milliards de dollars par année. L'idéal corporel est un support commercial à valeur économique, il devient peu à peu un objet de consommation. L'imposition permanente de cet outil publicitaire aux valeurs idylliques et envoûtantes entre dans un système à boucle fermée : les attentes et finalement les demandes augmentent graduellement de façon proportionnelle à l'offre. Ainsi, plus on nous assaille de modèles de perfection, plus on devient exigeant et plus on en réclame.

